Yo y una lujuriosa negra vieja (selección)  
 
La vie heureuse de John Snake
Pedro Juan Gutiérrez

Tout a commencé lorsqu’à dix ans il est tombé amoureux
d’une belle pute qui se promenait les après-midis
en cherchant des clients devant le Sloppy Joe’s bar
près de chez lui ( à cette époque le petit Johnny vivait à quelques pas de La Marine le quartier des putes collé au port)
En même temps Johnny est tombé amoureux de sa voisine
une femme mince grande et aux grands tétons
ayant beaucoup de poils noirs sous les aisselles
elle était mariée et avait deux jeunes enfants
Johnny s’excitait quand il la voyait allaiter le bébé
Avec ses seins gonflés et très beaux
d’où le lait coulait à flots
Il sentait son coeur galoper farouchement
Quand elle levait ses bras pours’arracher les cheveux
et qu’elle laissait voir l’exubérant poil de ses aisselles
Plus tard il a subi d’autres prises d’excitation
de l’érotisme des érections et des masturbations incontrôlées
quand / à quinze ans
il a eu une copine noire comme le charbon
aux lèvres énormes
La fille avait quinze ans aussi et
elle la lui suçait la siroter et l’engouffrait cela provoquait
des épuisements de plaisir à John Snake
qui était déjà un jeune sportif beau et convoité
en plus d’être photogénique il était narcissique et spontané
Plus tard entre 18 et 20 ans
Johnny a eu des relations amoureuses avec plusieurs lesbiennes très masculines
qui lui permettaient seulement de les pénétrer par le cul
Les lesbiennes voulaient être vierges du vagin
le plus longtemps possible (Johnny n’a jamais su pourquoi)
mais elles organisaient des orgies romaines auxquelles participaient
des dizaines de personnes imaginaires / des chiens/ des chiennes/
des poulins/ des juments
De cette façon la vie heureuse de John Snake
s’est étendue très au-delà des frontières
Aujourd’hui il est impossible de faire une vérification détaillée
de sa biographie splendide
parce que John Snake utilise des masques et des déguisements
Certaines personnes disent qu’il dépasse le Marquis de Sade
Quand on le lui demande
le vieux Johnny devient sérieux:
“ Moi je suis un homme décent, un homme de famille
alors, foutez-moi la paix”
Mais des fois il ne résiste pas à la tentation
et il signe ses lettres sous le nom de Sloppy Johnny.

© Pedro Juan Gutiérrez

Ce poème appartient au livre Moi et une vieille négresse voluptueuse

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